Gary Trouve

Gary Trouve

Consultant en sûreté nucléaire et gestion des risques chez Assystem UK

Gary est titulaire d’un Master of Science spécialisé en technologie et ingénierie nucléaires (NTEC)Son parcours universitaire se caractérise par un fort intérêt pour les technologies nucléaires de pointe, comme en témoigne son mémoire consacré à la faisabilité de l’alimentation électrique des data centers à l’aide de petits réacteurs modulaires (SMR). Avant de rejoindre Assystem, Gary a acquis deux ans d’expérience en tant que Head of Pricing chez un fournisseur d’énergie basé au Royaume-Uni, opérant dans un environnement BtoB. Ce poste lui a permis de développer une solide compréhension des enjeux commerciaux, économiques et stratégiques du secteur de l’énergie. Gary Trouve est aujourd’hui consultant en sûreté nucléaire et gestion des risques chez Assystem UK. Il met à profit cette expertise combinée, à la fois technique et commerciale, pour soutenir les activités liées à la sûreté et à la fiabilité, contribuant ainsi à des projets à forte valeur ajoutée au cœur des enjeux du nucléaire et de la transition énergétique.  

Introduction

Les data centers sont l'un des piliers de l'économie numérique et permettent une connectivité mondiale. Ils vont des installations à très grande échelle (hyperscale), exploitées par les géants de la tech, aux centres de colocation, de périphérie (edge) et jusqu'aux micro data centers, qui rapprochent la puissance de calcul des utilisateurs.

La demande mondiale connaît une croissance rapide. Google a par exemple déjà signé un accord avec Kairos Power pour la construction de sept réacteurs nucléaires modulaires (SMR) destinés à ses data centers. En parallèle, les investissements dans les équipements de traitement de l'information et les logiciels représentent désormais environ 4 % du PIB américain, dont les data centers dédiés à l'IA qui en représentent environ la moitié [1][2]. L'Agence internationale de l'énergie prévoit que la demande en électricité des data centers, de l'IA et des cryptomonnaies pourrait doubler d'ici 2026 [3].

Bien qu'ils soient souvent présentés comme des symboles d'excès énergétique, les data centers occupent une position unique pour soutenir la décarbonation. Grâce à un accès à une énergie nucléaire fiable, ils peuvent en effet passer du statut de facteurs nuisibles au climat à celui de moteurs de l'innovation bas carbone. Alors que les charges de traitement liées à l'IA augmentent et que les risques de panne se multiplient, une alimentation électrique sécurisée et disponible en permanence devient un atout concurrentiel essentiel. Le nucléaire offre ici stabilité, prévisibilité et faible niveau d'émissions dont les data centers de nouvelle génération ont de plus en plus besoin.

Le défi énergétique

La croissance rapide des data centers entraîne une pression accrue pour garantir une disponibilité continue, une résilience robuste et une haute efficacité de refroidissement, tout en faisant face à une hausse des coûts énergétiques et à une surveillance renforcée des émissions de carbone.

La disponibilité d'un data center est d'environ 99,99 %, ce qui signifie qu'il a besoin de sources d'énergie résilientes, efficaces et hautement fiables. Une option consiste à alimenter les data centers à l'aide de systèmes énergétiques autonomes à haute capacité, dédiés à leurs besoins.

explique Robert Plana, Directeur en charge des Technologies chez Assystem, dans l'un de nos podcasts SwitchON (écoutez le podcast « IA et nucléaire : le tandem gagnant pour l'énergie de demain ? » ICI)

Hannah Thompson

Hannah Thompson

Directrice des opérations du département Sûreté nucléaire et gestion des risques chez Assystem UK 

Hannah Thompson occupe le poste de directrice du département « Sûreté nucléaire & gestion des risques » chez Assystem. Elle accompagne des clients des secteurs civil et défense tout au long du cycle de vie des installations nucléaires, en s’appuyant sur son expertise en sûreté, facteurs humains, gestion des risques et fiabilité. À la suite de l’acquisition de l’entité Corporate Risk Associates par Assystem, elle dirige désormais une équipe pluridisciplinaire qui propose des solutions de sûreté et de gestion des risques d’une grande fiabilité. Forte d’une formation technique en génie nucléaire, Hannah est membre de l’Institution of Mechanical Engineers et titulaire d’un MBA de la Durham University Business School. Elle dirige également la Nuclear Safety Academy d’Assystem et supervise le Safety & Risk Forum, un événement phare du secteur au Royaume-Uni. Engagée pour un secteur nucléaire inclusif et performant, elle agit en tant que directrice non exécutive et joue un rôle de mentor dans le cadre de plusieurs initiatives professionnelles.

Pour les installations hyperscale, la fiabilité énergétique est autant un enjeu commercial que technique. Le nucléaire offre une visibilité et une stabilité de long terme, permettant aux opérateurs de garantir la disponibilité de leurs infrastructures, de maîtriser leurs coûts sur la durée et de renforcer leur crédibilité auprès des investisseurs et des régulateurs. Le nucléaire transforme ainsi la contrainte énergétique en avantage concurrentiel, en permettant aux data centers de soutenir la croissance numérique tout en accélérant la décarbonation et en renforçant la sécurité énergétique.

La congestion du réseau électrique et les longs délais de raccordement constituent déjà un frein dans le développement des hubs tels que Londres, Dublin, Francfort, Singapour et la Virginie du Nord [4]. Dans les marchés émergents comme l'Inde, l'Égypte, le Maroc et certaines régions du Moyen-Orient, les défis liés aux infrastructures et à la planification sont également importants. Enfin, même dans les régions dotées de réseaux fiables, comme la France, la Finlande et Hong Kong, il faut pouvoir composer avec des limites de capacité et de délais pour le raccordement de nouvelles installations. Combinées à l’intermittence des énergies renouvelables, ces contraintes rendent indispensables le recours à une électricité pilotable, évolutive et à faible empreinte carbone. En intégrant le nucléaire, les opérateurs peuvent dissocier leurs engagements climatiques des limitations liées aux réseaux électriques locaux, démontrant ainsi que les installations les plus énergivores peuvent aussi être les plus proactives dans l’atteinte des objectifs de décarbonation à l’échelle nationale et régionale.

Les opérateurs de data centers hyperscale tels que Google, Amazon et Meta, qui exploitent les centres de données les plus énergivores, peuvent tirer parti de leur envergure et de leurs stratégies énergétiques avancées pour faire face à des contraintes croissantes. Ces pressions creusent l'écart entre ce dont les hyperscalers ont besoin et ce que le réseau électrique est en mesure de fournir. Bien que les énergies renouvelables occupent désormais une place centrale dans les stratégies de décarbonation, les infrastructures critiques, fonctionnant 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, nécessitent toujours une électricité pilotable, en complément d’une production variable. Dans la pratique, cela se traduit souvent par un recours au gaz lorsque les réseaux électriques ou les capacités de stockage ne suffisent pas. Le nucléaire offre alors une alternative bas carbone, en fournissant une production de base constante en complément des énergies renouvelables.

Introduction

Les data centers sont l’un des piliers de l’économie numérique et permettent une connectivité mondiale. Ils vont des installations à très grande échelle (hyperscale), exploitées par les géants de la tech, aux centres de colocation, de périphérie (edge) et jusqu’aux micro data centers, qui rapprochent la puissance de calcul des utilisateurs.

La demande mondiale connaît une croissance rapide. Google a par exemple déjà signé un accord avec Kairos Power pour la construction de sept réacteurs nucléaires modulaires (SMR) destinés à ses data centers. En parallèle, les investissements dans les équipements de traitement de l'information et les logiciels représentent désormais environ 4 % du PIB américain, dont les data centers dédiés à l’IA qui en représentent environ la moitié [1][2]. L'Agence internationale de l'énergie prévoit que la demande en électricité des data centers, de l'IA et des cryptomonnaies pourrait doubler d'ici 2026 [3].

Bien qu’ils soient souvent présentés comme des symboles d’excès énergétique, les data centers occupent une position unique pour soutenir la décarbonation. Grâce à un accès à une énergie nucléaire fiable, ils peuvent en effet passer du statut de facteurs nuisibles au climat à celui de moteurs de l’innovation bas carbone. Alors que les charges de traitement liées à l’IA augmentent et que les risques de panne se multiplient, une alimentation électrique sécurisée et disponible en permanence devient un atout concurrentiel essentiel. Le nucléaire offre ici stabilité, prévisibilité et faible niveau d’émissions dont les data centers de nouvelle génération ont de plus en plus besoin.

Le défi énergétique

La croissance rapide des data centers entraîne une pression accrue pour garantir une disponibilité continue, une résilience robuste et une haute efficacité de refroidissement, tout en faisant face à une hausse des coûts énergétiques et à une surveillance renforcée des émissions de carbone.

La disponibilité d’un data center est d’environ 99,99 %, ce qui signifie qu’il a besoin de sources d’énergie résilientes, efficaces et hautement fiables. Une option consiste à alimenter les data centers à l’aide de systèmes énergétiques autonomes à haute capacité, dédiés à leurs besoins.

explique Robert Plana, Directeur en charge des Technologies chez Assystem, dans l’un de nos podcasts SwitchON (écoutez le podcast « IA et nucléaire : le tandem gagnant pour l’énergie de demain ? » ICI)

Pour les installations hyperscale, la fiabilité énergétique est autant un enjeu commercial que technique. Le nucléaire offre une visibilité et une stabilité de long terme, permettant aux opérateurs de garantir la disponibilité de leurs infrastructures, de maîtriser leurs coûts sur la durée et de renforcer leur crédibilité auprès des investisseurs et des régulateurs. Le nucléaire transforme ainsi la contrainte énergétique en avantage concurrentiel, en permettant aux data centers de soutenir la croissance numérique tout en accélérant la décarbonation et en renforçant la sécurité énergétique.

La congestion du réseau électrique et les longs délais de raccordement constituent déjà un frein dans le développement des hubs tels que Londres, Dublin, Francfort, Singapour et la Virginie du Nord [4]. Dans les marchés émergents comme l'Inde, l'Égypte, le Maroc et certaines régions du Moyen-Orient, les défis liés aux infrastructures et à la planification sont également importants. Enfin, même dans les régions dotées de réseaux fiables, comme la France, la Finlande et Hong Kong, il faut pouvoir composer avec des limites de capacité et de délais pour le raccordement de nouvelles installations. Combinées à l’intermittence des énergies renouvelables, ces contraintes rendent indispensables le recours à une électricité pilotable, évolutive et à faible empreinte carbone. En intégrant le nucléaire, les opérateurs peuvent dissocier leurs engagements climatiques des limitations liées aux réseaux électriques locaux, démontrant ainsi que les installations les plus énergivores peuvent aussi être les plus proactives dans l’atteinte des objectifs de décarbonation à l’échelle nationale et régionale.

Les opérateurs de data centers hyperscale tels que Google, Amazon et Meta, qui exploitent les centres de données les plus énergivores, peuvent tirer parti de leur envergure et de leurs stratégies énergétiques avancées pour faire face à des contraintes croissantes. Ces pressions creusent l'écart entre ce dont les hyperscalers ont besoin et ce que le réseau électrique est en mesure de fournir. Bien que les énergies renouvelables occupent désormais une place centrale dans les stratégies de décarbonation, les infrastructures critiques, fonctionnant 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, nécessitent toujours une électricité pilotable, en complément d’une production variable. Dans la pratique, cela se traduit souvent par un recours au gaz lorsque les réseaux électriques ou les capacités de stockage ne suffisent pas. Le nucléaire offre alors une alternative bas carbone, en fournissant une production de base constante en complément des énergies renouvelables.

Innovation

L'innovation redéfinit les data centers modernes, du refroidissement à la gestion de la consommation électrique. Des avancées telles que le refroidissement par liquide et par immersion, les systèmes de répartition de charge basés sur l'IA et la conception modulaire permettent de réduire le gaspillage d'énergie et d'améliorer l'efficacité. Les systèmes de monitoring intelligents répartissent désormais les charges de traitement de manière automatique en fonction de la température, de la demande et de la disponibilité des énergies renouvelables [5], ce qui se traduit par des gains de performance mesurables. Les data centers utilisant des analyses prédictives basées sur l'apprentissage automatique atteignent souvent des indices PUE (Power Usage Effectiveness ou Efficacité de l'utilisation de l'énergie) de 1,2 ou moins, contre une moyenne mondiale de 1,56 en 2024 [6].

Cependant, les gains d’efficacité ne suffisent pas, à eux seuls, à répondre au défi fondamental de la sécurité d’approvisionnement énergétique. À mesure que la demande devient plus volatile, le nucléaire passe du statut de solution durable à celui de stratégie de résilience, permettant aux opérateurs une meilleure capacité d’anticipation face aux contraintes.

L'intégration des énergies renouvelables s'accélère à mesure que les opérateurs déploient des installations solaires, éoliennes et de stockage par batterie sur site, créant ainsi des systèmes hybrides qui réduisent les émissions et renforcent la résilience. Google s'est associé au Sonoran Solar Energy Centre, en Arizona, pour alimenter son centre de données de Mesa à l'aide d'énergie solaire et éolienne, notamment grâce à une centrale solaire de 260 MW et à un système de stockage d'énergie par batterie d'une capacité de 1 GWh [7]. Amazon, Meta et Apple emboîtent le pas en investissant dans leurs propres infrastructures renouvelables [8]. Cependant, pour les opérations à grande échelle ou critiques, les énergies renouvelables ne peuvent à elles seules garantir une disponibilité constante. C'est là que le nucléaire, en particulier les petits réacteurs modulaires (SMR), entre en jeu.

Les SMR offrent une énergie à faible empreinte carbone, capable de fonctionner en continu et d’être déployée à proximité des centres de demande. Pour les data centers, les SMR constituent un véritable tournant : une source d’énergie sûre, localisée et à faible empreinte carbone, capable de garantir à la fois résilience et durabilité. Il s'agit d'un domaine émergent où convergent infrastructure numérique et ingénierie des énergies bas carbone. Pourtant, la voie vers des data centers alimentés par l'énergie nucléaire n'est pas purement technique ; elle est fortement influencée par le cadre réglementaire qui régit ces deux secteurs.

souligne Gary Trouve, expert en sûreté nucléaire et gestion des risques chez Assystem UK.

Dans ce contexte, le déploiement de SMR pour l’alimentation énergétique des data centers nécessite non seulement des compétences techniques de pointe, mais aussi une expertise approfondie en matière de sûreté nucléaire, de réglementation et d'intégration de systèmes. Au sein de ce cadre complexe, Assystem apporte une expertise éprouvée aux projets SMR, en réalisant des études de faisabilité et de sûreté, modélisées via des jumeaux numériques pour soutenir la conception des réacteurs, ainsi que des services de conseil stratégique pour aider les porteurs de projets à définir des stratégies de sûreté robustes et adaptées à leurs besoins. Le jumeau numérique occupe en effet une place de plus en plus centrale tant pour les installations nucléaires que pour les data centers. Il accélère les cycles d'innovation, optimise les processus de la conception à l'exploitation et permet une prise de décision plus rapide et plus fiable en offrant une vue d'ensemble du système, continuellement mise à jour, sur les performances, les risques et la résilience. À mesure que les systèmes énergétiques et digitaux prennent de l'ampleur et gagnent en complexité, cette capacité devient indispensable. Pour en savoir plus sur nos projets SMR, cliquez ICI.

Législation et évolution du marché

La règlementation structure le marché des data centers à travers des exigences en matière de confidentialité des données, de cybersécurité et de durabilité. Bien que la confidentialité des données ne soit pas un enjeu énergétique en soi, les règles de localisation et de souveraineté des données déterminent de plus en plus l’implantation des data centers, indépendamment des capacités du réseau local. Ces contraintes accentuent le besoin d’une alimentation de base sûre et à faible empreinte carbone, positionnant l’énergie nucléaire comme un catalyseur stratégique pour un déploiement conforme et résilient, en particulier dans les régions confrontées à des contraintes de réseau ou à des limitations d’approvisionnement en électricité.

Parallèlement, les enjeux de durabilité et d’ESG redéfinissent la stratégie énergétique. Les choix énergétiques ne sont plus uniquement évalués au regard du coût et de la disponibilité, mais aussi de la transparence, de l’examen des investisseurs et des engagements carbone à long terme. Comprendre ces dynamiques réglementaires et de marché est essentiel pour positionner le nucléaire comme une solution crédible pour le secteur des data centers.

  1. Qu'est-ce que le rapport ESG ?
    Le rapport ESG présente aux investisseurs et parties prenantes les performances d'une entreprise en matière d'environnement, de responsabilité sociale et de gouvernance. Alors que ces rapports deviennent progressivement obligatoires, les opérateurs à forte consommation d'énergie, tels que les data centers, font l'objet d'une surveillance accrue quant à leurs choix énergétiques. Une électricité fortement émettrice de carbone est désormais perçue comme un facteur de risque tandis que les partenariats dans le domaine du nucléaire permettent de démontrer des progrès crédibles en termes de réduction des émissions de scope 2, de décarbonisation à long terme et de résilience opérationnelle. Les coupures de courant comportant des risques financiers et de réputation, une production d’électricité pilotable et à faible intensité carbone renforce à la fois la crédibilité en matière de durabilité et la confiance des investisseurs.
  2. Que sont les objectifs de neutralité carbone ?Les objectifs de neutralité carbone (ou « Net Zero ») sont des engagements nationaux visant à équilibrer les émissions et les réductions à une date définie. Ces objectifs exercent une pression directe sur les data centers pour qu'ils se décarbonisent sans sacrifier leur fiabilité 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. L'énergie nucléaire offre une alimentation électrique continue et sans émissions, fournissant une voie crédible et évolutive pour atteindre les objectifs de scope 2 et de scope 3 grâce à une véritable réduction des émissions à la source, plutôt que par le seul recours à des compensations ou à des instruments contractuels.
  3.  Quelles sont les lois relatives à la souveraineté des données qui s'appliquent aux data centers ?
    Les lois sur la souveraineté et la localisation des données imposent des règles quant au lieu où certains types de données doivent être stockés et/ou traités, obligeant ainsi les data centers à s'implanter dans des juridictions spécifiques, indépendamment de la capacité du réseau électrique ou de la disponibilité énergétique. Cela a souvent un impact considérable sur l'exploitation et les investissements des data centers, contraignant les opérateurs à implanter leurs installations dans des régions où les raccordements au réseau sont limités ou bien où l'énergie renouvelable n'est pas fiable.

Le nucléaire offre une solution stratégique à ce défi : en fournissant une électricité locale et indépendante du réseau, il permet aux data centers de respecter les exigences de souveraineté des données sans compromettre la sécurité énergétique ni la durabilité.

explique Gary Trouve.

Les opérateurs peuvent s'implanter là où la réglementation les oblige à exercer leurs activités, et pas seulement là où le réseau le permet.

  • Pôles européens historiques (FLAP-D – Francfort / Londres / Amsterdam / Paris / Dublin, et la Finlande) : longs délais d'attente (plus de 10 ans) pour les gros volumes de données informatiques en raison des contraintes de transport et de la saturation des files d'attente.
  • États-Unis (hubs hyperscale comme la Virginie du Nord) : délais d'attente de plusieurs années (plus de 5 ans), mais les services publics et les investisseurs privés prennent des mesures (par exemple, nouvelles centrales, accords d'achat d'électricité) pour alléger la pression.
  • Marchés en croissance de la zone EMEA / MENA / APAC (Émirats arabes unis, Arabie saoudite, Maroc, Inde, Égypte, Ouzbékistan) : délais d'attente généralement plus courts lorsque les gouvernements donnent la priorité aux projets et développent rapidement les capacités, mais les délais dépendent des infrastructures locales de transport d’électricité et de la nécessité ou non de nouvelles sous-stations.

Ces facteurs ne constituent pas seulement des défis en matière de conformité ; ce sont des signaux du marché qui favorisent l'adoption du nucléaire. Les opérateurs qui intègrent l'énergie nucléaire dans leur stratégie de développement durable seront les mieux placés pour se conformer à des réglementations de plus en plus strictes en matière d'émissions de carbone, attirer des investisseurs et des clients soucieux des critères ESG, et s'assurer de disposer de l'énergie de base fiable et à faible empreinte carbone nécessaire à leur croissance à long terme. Le cadre réglementaire n'est pas un obstacle pour les data centers alimentés par le nucléaire, mais un moteur.

Alors que les data centers deviennent de plus en plus dépendants de systèmes énergétiques localisés et numérisés, la cybersécurité est essentielle tant pour la conformité que pour la résilience opérationnelle. Assystem a aidé un grand opérateur électrique des Émirats arabes unis à définir et à déployer un cadre national de cybersécurité pour les réseaux intelligents (Smart Grid), conforme aux normes internationales (NISTIR 7628). Cette expertise « secure‑by‑design », qui couvre la gouvernance, la stratégie de gestion des risques et l'infrastructure numérique, s'applique directement aux opérateurs de data centers qui doivent répondre aux exigences en matière de souveraineté des données dans des environnements énergétiques fortement réglementés et en pleine digitalisation. Cliquez ICI pour en savoir plus sur ce projet.

Construire l’avenir : les opportunités d’Assystem

À mesure que l’économie numérique mondiale se développe, le besoin d’expertise à la croisée de l’énergie, des infrastructures et des technologies digitales augmente lui aussi. Bon nombre des défis techniques auxquels est confrontée l’industrie nucléaire peuvent s’appliquer aux data centers, notamment en matière de risques et de fiabilité, compte tenu de la complexité croissante des systèmes.

poursuit Gary Trouve.

Assystem a déjà mis cette expertise en pratique en accompagnant un opérateur britannique de data centers sur sept sites, via une étude probabiliste de sûreté (EPS) destinée à évaluer leur conformité aux normes IEEE. Grâce à la modélisation des systèmes électriques et CVC et à l'identification des défaillances de cause commune, le projet a permis au client de démontrer sa conformité contractuelle tout en acquérant une vision claire de l'impact des choix de conception sur la fiabilité. Pour en savoir plus sur ce projet, cliquez ICI.

Fort d'un héritage ancré dans l'ingénierie nucléaire et d'une présence croissante dans les infrastructures numériques, Assystem opère à la croisée de ces deux secteurs stratégiques. Cette position unique nous permet de comprendre en profondeur comment les systèmes énergétiques et digitaux convergent, et ce qu'il faut pour les faire fonctionner ensemble.

En nous appuyant sur des méthodologies mises au point pour les secteurs du nucléaire et de la défense, nous proposons une approche éprouvée et impartiale pour évaluer les risques et la fiabilité des systèmes critiques à forts enjeux. Lorsqu'elle est appliquée aux data centers, cette approche aide les opérateurs à dépasser les hypothèses et à acquérir une compréhension factuelle de la manière dont leurs installations se comportent en situation de crise. Cette analyse approfondie permet de faire de meilleurs choix de conception, de faciliter les relations avec les autorités de réglementation et les parties prenantes, et d'ouvrir la voie à la mise en place d'infrastructures résilientes, à faible empreinte carbone et fonctionnant 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

commente Hannah Thompson, Directrice des opérations du département Sûreté nucléaire et gestion des risques chez Assystem UK.

En appliquant des méthodes issues des pratiques du secteur nucléaire pour évaluer la fiabilité des infrastructures — telles que l’étude probabiliste de sûreté (EPS), la modélisation de jumeaux numériques et l’analyse des risques à l’échelle des systèmes — les exploitants de data centers peuvent quantifier la résilience avec davantage de précision. Cette approche deviendra d’autant plus importante avec le développement des installations et l’intensification de la concurrence, offrant un réel avantage aux acteurs qui l’auront adoptée en premier.

Les data centers de demain ne se contenteront pas d’alimenter l’économie numérique, ils seront le moteur même de la transition énergétique. Et si les bâtiments les plus gourmands en énergie de la planète devenaient les moteurs les plus influents de la décarbonisation ? Grâce au nucléaire, cet avenir est à la fois réalisable et à notre portée.

conclut Gary Trouve.

Gary Trouve

Gary Trouve

Consultant en sûreté nucléaire et gestion des risques chez Assystem UK

Gary est titulaire d’un Master of Science spécialisé en technologie et ingénierie nucléaires (NTEC)Son parcours universitaire se caractérise par un fort intérêt pour les technologies nucléaires de pointe, comme en témoigne son mémoire consacré à la faisabilité de l’alimentation électrique des data centers à l’aide de petits réacteurs modulaires (SMR). Avant de rejoindre Assystem, Gary a acquis deux ans d’expérience en tant que Head of Pricing chez un fournisseur d’énergie basé au Royaume-Uni, opérant dans un environnement BtoB. Ce poste lui a permis de développer une solide compréhension des enjeux commerciaux, économiques et stratégiques du secteur de l’énergie. Gary Trouve est aujourd’hui consultant en sûreté nucléaire et gestion des risques chez Assystem UK. Il met à profit cette expertise combinée, à la fois technique et commerciale, pour soutenir les activités liées à la sûreté et à la fiabilité, contribuant ainsi à des projets à forte valeur ajoutée au cœur des enjeux du nucléaire et de la transition énergétique.  

Hannah Thompson

Hannah Thompson

Directrice des opérations du département Sûreté nucléaire et gestion des risques chez Assystem UK 

Hannah Thompson occupe le poste de directrice du département « Sûreté nucléaire & gestion des risques » chez Assystem. Elle accompagne des clients des secteurs civil et défense tout au long du cycle de vie des installations nucléaires, en s’appuyant sur son expertise en sûreté, facteurs humains, gestion des risques et fiabilité. À la suite de l’acquisition de l’entité Corporate Risk Associates par Assystem, elle dirige désormais une équipe pluridisciplinaire qui propose des solutions de sûreté et de gestion des risques d’une grande fiabilité. Forte d’une formation technique en génie nucléaire, Hannah est membre de l’Institution of Mechanical Engineers et titulaire d’un MBA de la Durham University Business School. Elle dirige également la Nuclear Safety Academy d’Assystem et supervise le Safety & Risk Forum, un événement phare du secteur au Royaume-Uni. Engagée pour un secteur nucléaire inclusif et performant, elle agit en tant que directrice non exécutive et joue un rôle de mentor dans le cadre de plusieurs initiatives professionnelles.